Je m’appelle Paloma, j’ai 16ans, et l’année dernière, mes parents ont accepté de me laisser partir pendant un an à l’autre bout du monde. C’est une décision qui a été beaucoup réfléchie, mais c’est un projet qui m’habite depuis longtemps. Je suis une jeune fille ambitieuse, curieuse et prête à toutes aventures. On a hésité entre plusieurs pays, la destination m’importait peu du moment que je vivais une expérience hors du commun, ce qui ne laissait aucun doute. Nos choix finaux se portaient sur l’Irlande ou le Canada. J’ai rapidement estimé que pour moi, l’Irlande semblait proche sans l’être, que je restais dans l’union européenne et que, quitte à changer de vie et de paysages, autant y aller à fond et traverser l’Atlantique. C’est oui. Après plusieurs tests, appels vidéos, et beaucoup de recherches d’aide et d’investissement de mes parents, j’ai réussi ! J’ai su fin juin que j’étais acceptée dans mon lycée, et par conséquent que l’on m’avait trouvé une famille d’accueil. Quelle joie ! Et soulagement après ces semaines d’incertitudes. J’ai débuté l’été avec cette idée d’un grand départ à la fin, mais sans vouloir m’y préoccuper plus que ça. Je voulais profiter du moment, de mes ami.es, de ma famille, et de chacuns de mes proches. Cet été a été génial ! Un de plus ! Petit à petit, la date, ce fameux 28 août 2024 se rapprochait. Les jours précédents, toute ma famille, père, mère, petite soeur étaient à mes côtés pour boucler ces énormes valises. Un an de ma vie en bagages ! On a réussi ! Tout est passé et le poids était correct. Le jour du Grand Départ est arrivé, toute ma famille m’a accompagné à Paris, aéroport Charles de Gaulle, où mon avion m’attendait. Valises enregistrées, café avalé, le temps des câlins ! Ces adieux tristes mais remplis de tendresse, de joie, de goût d’aventures malgré les larmes. J’ai tendu mon passeport d’une main tremblante, pleine d’émotion, me suis retournée, le visage mouillé, tout me regardait, des derniers agissements de mains et puis je me suis retrouvée à devoir me débrouiller. Suivre la ligne seule. J’ai déjà voyagé, j’ai cette chance là, mes parents et notamment ma mère, m’ont transmis ce goût de la découverte et de la sortie de zone de confort. C’était pourtant la première fois que je prenais un avion seule. Entreprenais un long voyage comme celui-ci. Pour me rassurer autant qu’eux, mes parents ont trouvé des amis d’amis qui habitent à Toronto, des français qui rentraient justement de vacances. Je l’avoue je n’étais pas contre, des personnes qui parlent ma langue, qui peuvent me guider pendant le voyage et m’accueillir chez eux la première nuit, que demander de plus ! J’ai donc retrouvé leur super famille juste avant d’embarquer. Nos places n’étaient pas éloignées, et je n’étais pas mécontente d’avoir mon espace. C’est quand l’avion a décollé, en survolant la banlieue parisienne que j’ai réalisé, je pars. Pour un an, je pars. Ça m’a fait bizarre, je n’ai jamais déménagé, jamais bougé de Rennes. J’ai aimé cette sensation autant que je l’ai détesté. Pleine d’incertitudes. Je ne vais pas mentir, après, j’ai profité des films disponibles pour en regarder un maximum. J’ai aussi pris le temps de me reposer et d’écouter un peu de musique, malgré mon excitation. J’ai mis les pieds assez tard dans la soirée dans ce fameux pays des caribous. On a pris un taxi et sommes arrive.es chez la famille française qui me logeait pour la nuit. J’ai dormi d’une traite, le voyage a été épuisant, grosse journée pleine d’émotions. Après un bon petit déjeuner canadien, sirop d’érable et pancakes au menu, et une bonne heure de route dans un autre taxi, j’ai enfin découvert ma famille d’accueil. J’avais déjà eu quelques contacts avec elle. Elle est composée d’une mère, assez jeune, 36 ans et de sa fille de moins de 2 ans. J’ai toujours adoré le contact avec les jeunes enfants et me réjouissait d’avoir une nouvelle toute petite sœur. Il y avait également, dans la maison, une autre étudiante d’échange chinoise, Siyi. Elle a mon âge et va dans la même highschool que moi ! Pour finir, la jeune mere accuillais aussi deux autres personnes, une etudiante et une jeune femme en attente d’une visa longue duree. Dès le lundi suivant, j’ai eu une semaine d’intégration, avec tous les autres “exchanges étudiants”, de différents lycées. Je me suis fait quelques ami.es, et j’ai rencontré d’ autres Français.es. Deux étaient dans mon lycée et j’ai encore contact avec elles. C’est très soulageant d’avoir un soutien et une personne qui parle sa langue. La semaine était agréable. Jeux, chant, cuisine, rires, activités de toutes sortes sont au programme. La rentrée est arrivée plus rapidement que prévu. J’ai mis mon uniforme et, accompagnée de l’autre étudiante, pris le city bus. On est arrivé et j’ai découvert chacune de mes classes. Le système canadien étant très différent de celui français, j’ai dû prendre mes marques. Les cours se déroulent tous les jours du lundi au vendredi de 8h à 14h. Les journées sont divisées en cinq périodes. Étant une “exchange student”, je n’ai pas les mêmes obligations que les Canadiens quant au choix de mes classes. J’ai donc sélectionné, en plus de celles obligatoires, telles que l’anglais et la religion, celle qui m’intéressais ou me profitait le plus. L’année est divisée en semestre et au début du second, après les vacances de Noël. J’avais, pour le premier semestre, anglais, math, sport et histoire. Le second, anglais, religion, sport et “psychologie, sociologie et anthropologie”. J’ai vraiment beaucoup aimé ce dernier parce que pour l’instant, je souhaite devenir psychologue et cette classe m’a confirmé ce désir. En parlant du lycée canadien, il faut aussi mentionner les relations professeurs élèves qui sont bien plus basées sur la confiance et le respect mutuel et par conséquent bien plus détendues et sereines. J’ai vraiment fait de belles rencontres également chez les adultes. personnellement, je sais que je travaille mieux avec un/une professeur avec lequel/laquelle je me sens en confiance. Les Canadiens ont le choix d’une ou deux matiere a selectionner par an. Elles peuvent varier, allant de cours de coiffure à théâtre, en passant par art, musique, cuisine, sport, informatique, jardinage, sans oublier l’architecture, la mécanique(on a un garage dans le bâtiment) et bien d’autres encore. Les élèves ont comme ça, l’occasion de tester plus concrètement certains domaines. J’aime beaucoup ce système. S’ils se rendent compte que ce n’ai pas ce qui leur plaît, ils peuvent simplement ne pas le reprendre. Ils peuvent ainsi avoir une meilleure idée de leur futur, de travail, de tâches plus précises. J’ai aussi eu la chance de pouvoir rejoindre le club de cross country, après les cours. Le lycée revalorise bien le sport, pour mon plus grand plaisir. Je trouve que c’est essentiel, cette pratique plus poussée et encouragée de l’éducation physique. Je me suis fais des ami.es et y ai rencontré plein de superbes personnes. J’ai été bien intégrée, notamment grâce à mon amour pour la course et à mes facilités naturelles. Cette année est aussi une occasion de renforcer mes qualités de sportive. On a, en équipe, réussi à atteindre le niveau le plus haut ! Ça a été une expérience comme j’en voulais. On est parti.es pour 2 jours à Ottawa, la capitale du Canada, à 6 heures de route de ma ville de résidence. On a beaucoup mangé, rigolé, joué, bref on s’est bien amusé.es. Entre-temps, je me suis rendue compte que la famille d’accueil dans laquelle j’ai été placée ne me convenait pas. J’en ai parlé avec mes parents qui en on discute.es avec l’association. Ils avaient déjà eu le contact, par des amis de Rennes, d’une famille canadienne qui habitait au même endroit. Sans trop de problèmes j’ai changé, ca ete de mon point de vue un peu précipité, je n’avais pas vraiment compris ce qui m’arrivait, mais tout c’est bien passé et j’ai donc découvert ma nouvelle famille d’accueil. Celle-ci était au format suivant : deux parents, Kent et Jasmine, une sœur de 14 ans, Arabella, un frère de 12, Huson et un autre de 10, Miller. Et même un chien ! J’étais ravie. Ils ont été adorables, tous ! J’étais trop trop contente d’avoir des frères en plus plus petits. En France, ma sœur a 13 ans donc j’arrivais vraiment dans une famille plus jeune. Je me suis sentie très accueillie et très bien assez rapidement. Pour en revenir au sport, Hudson, cours, lui aussi fait partie d’un club d’athlétisme aussi fréquenté par des personnes de mon lycée qui m’en avaient parlés. Kent et Jasmine n’ont pas hésité et mon paye mon adhérence au groupe Laurel Creek. J’ai donc fait la saison de cross country avec eux. On est allées jusqu’au Championnat national du Canada en équipe ! C’était génial mais il faisait si froid ! Il a même commencé à neiger. Le début de l’hiver ! Halloween est arrivé ! Première fois pour moi. J’ai dormi avec des amies après avoir fait le fameux trick or treat. Super expérience, mieux vaut tard que jamais. Les semaines qui ont suivies ont été joyeusement rythmées par l’arrivée des fêtes de fin d’année. Pour moi ça signifiait aussi un retour en France. J’étais impatiente ! Retrouver amis, famille, ma maison…ma ville ne m’avait jamais autant manqué. Avant ça, j’ai eu le droit à mes premiers jours de neige. C’était magnifique. La fin, du moins au début, couche blanche qui couvraient le sol et les arbres rendait tout plus féerique. Mon retour en France a ete d’une vitesse folle. J’ai cependant pu profiter aussi bien de mes ami.es, que de ma famille. C’était très important pour moi de passer du temps avec toutes ces personnes qui me sont chères. Surtout que pour certaines c’était la dernière fois. Après avoir fait par ces deux semaines de vacances, le plein de joie, d’amour et de tendresse de mes proches, je suis repartie continuer mon aventure a l’autre bout de l’Atlantique. Mon retour a été un peu dur mais j’étais contente, voulant profiter de chaque moment. Les mois qui ont suivis, le souvenir qui me revient immédiatement, c’est la météo. On a eu jusqu’à -30 ! Au total 3 ou même 4 “snow days”. Si on m’avait dit un jour que j’allais vivre ça ! Bien que ce soit trop beau, on est maintenant en avril et j’aimerais bien que la chaleur revienne. Au Canada, comme je l’ai déjà expliqué, il y a une manière différente de gérer le système scolaire. Nous avons classe de 8h à environ 11h pour la “first lunch” et 12h pour la seconde. Les cours sont terminés pour tout le monde à 14h10 au plus tard. Par conséquent de ces journées allégées, les Canadiens n’ont pas autant de vacances que nous. Ils ont donc seulement deux semaines pour les fêtes de fin d’année et une en mars. Durant ce “March break”, ma famille d’accueil m’a, en cadeau de Noël offert un voyage avec elle, passant par Ottawa, Quebec City puis par Montréal avant de rentrer. Étant donné que le Canada est très grand, les trajets en voiture pour relier les différentes villes n’étaient pas en dessous de 5 heures. Ce road trip a été super. J’ai beaucoup de chance d’être arrivée dans une famille qui m’a offert cela. J’ai bien profité malgré la vitesse à laquelle ça s’est passé. On a visité à Ottawa le Parlement du Canada, en apprenant plus sur son fonctionnement. A Montréal, nous avons partagé un dîner avec l’une de mes cousines qui y fait ses études. Le retour à l’école a été un peu fatiguant après toutes ces aventures, mais les souvenirs en valaient la peine ! Voici un résumé de ma vie au Canada. J’adore l’expérience que je vis et prends compte de beaucoup. Par exemple, je suis devenue amie avec des personnes qui n’ont pas forcément les mêmes moyens que moi. J’ai pris conscience que je suis très privilégiée et je pense que c’est une chance de pouvoir réaliser cela dès mon âge. Pour conclure, je suis heureuse de vivre cette aventure qui me surprend chaque jour. J’ai au cours de l’année vécu de durs moments et la distance n’aidait pas, mais je suis personnellement convaincue que rien n’arrive pour rien. Cette expérience m’aide à me construire et je trouve au fond de moi des ressources dont je n’avais pas conscience. Je forge mon caractère. Comme je l’apprends en parallèle en psychologie, je pense que cette année est un vrai cadeau pour commencer ce chemin d’introspection, de découverte et de compréhension de moi-même.
Petit aperçu de l’extérieur de l’école
Je suis allée aux Chutes du Niagara, c’était super ! J’ai été cependant surprise par le lieu. Les chutes étaient encerclées de grands magasins et d’attractions pour les touristes.
Quelques belles couleurs du Canada en automne…
Road trip (Ottawa, Montreal, Quebec City) + Toronto et quelques images de mon hiver
Championnats nationaux de cross country du Canada sous un début de neige !